Syndrome du bébé secoué : symptômes, conséquences et prévention
Publié le par Rédaction PsychoBienEtre · Mis à jour le
Secouer un bébé, même quelques secondes, peut provoquer de graves lésions cérébrales. Quand les pleurs deviennent insupportables, posez bébé en sécurité dans son lit, éloignez-vous quelques minutes et demandez de l'aide.
Secouer un bébé, même quelques secondes et même sans intention de lui faire mal, peut provoquer des lésions cérébrales graves, parfois mortelles ou à l'origine de handicaps définitifs. Le syndrome du bébé secoué survient souvent quand un adulte épuisé ne supporte plus les pleurs. La règle à retenir : quand vous sentez la colère monter, posez votre bébé sur le dos dans son lit, sortez de la pièce et demandez de l'aide.
Pourquoi les pleurs d'un bébé peuvent-ils pousser à bout ?
Un bébé émerveille et attendrit, mais il peut aussi épuiser : nuits interrompues, pleurs prolongés, refus de manger. Pleurer est son principal moyen de communiquer, et certains bébés pleurent beaucoup, surtout dans les premiers mois, sans que l'on parvienne à les calmer. Ressentir de l'exaspération, de la colère ou un sentiment d'impuissance est humain et fréquent. Il n'y a pas de honte à éprouver ces émotions ; la responsabilité est de ne jamais les reporter sur l'enfant.
Pourquoi secouer un bébé est-il si dangereux ?
Lorsqu'un bébé est secoué, sa tête bascule violemment d'avant en arrière. Chez le nourrisson, la tête est lourde par rapport au corps et les muscles du cou sont encore trop faibles pour la retenir. Le cerveau heurte alors les parois du crâne, et de petites veines peuvent se rompre, provoquant des saignements autour du cerveau et des lésions des yeux. Le risque est maximal chez les bébés de moins d'un an, en particulier les plus jeunes.
Il ne faut pas pour autant s'inquiéter des gestes doux de la vie quotidienne (bercer, porter, jouer calmement). Évitez cependant les jeux brusques comme lancer un nourrisson en l'air, et soutenez toujours bien sa tête et sa nuque.
Quels sont les symptômes d'un bébé secoué ?
Après avoir été secoué, un bébé change de comportement. Les signes peuvent apparaître rapidement ou de façon plus discrète :
une somnolence inhabituelle, un bébé mou, difficile à réveiller ;
une irritabilité inhabituelle, des pleurs différents ;
des vomissements sans fièvre, un refus de boire ;
des pauses respiratoires, une pâleur ;
des convulsions ou une perte de connaissance.
Si vous pensez qu'un bébé a été secoué, appelez immédiatement le 112 ou rendez-vous aux urgences, et dites ce qui s'est passé : une prise en charge rapide peut limiter les lésions.
Quelles en sont les conséquences ?
Les conséquences sont souvent graves. Certains enfants décèdent ; beaucoup de survivants gardent des séquelles durables : retard de développement, troubles de la vision pouvant aller jusqu'à la cécité, épilepsie, paralysie. D'autres ne montrent pas de trouble immédiat mais présentent plus tard des difficultés d'apprentissage, d'attention ou de comportement.
Que faire quand les pleurs deviennent insupportables ?
Vérifiez les besoins de base : faim, couche, chaleur ou froid, besoin d'être porté, fièvre ou signe de maladie.
Essayez de l'apaiser : le bercer doucement, le porter contre vous, lui parler, une promenade, un bruit doux et régulier.
Si rien ne marche et que vous sentez la tension monter, couchez votre bébé sur le dos dans son lit, en sécurité.
Sortez de la pièce, fermez la porte et prenez quelques minutes pour vous calmer : respirez, buvez un verre d'eau. Un bébé qui pleure seul quelques minutes dans son lit ne risque rien.
Appelez quelqu'un : votre partenaire, un proche, un voisin, votre médecin ou une travailleuse médico-sociale de l'ONE.
Revenez voir votre bébé une fois calmé.
Les coliques sont une cause fréquente de pleurs : lisez aussi notre article sur les coliques du nourrisson et nos astuces pour un bébé détendu.
Comment prévenir le syndrome du bébé secoué ?
Parlez de votre fatigue et de votre énervement à votre entourage ou à un professionnel, sans crainte d'être jugé : c'est un signe de responsabilité.
Prévenez les personnes qui gardent votre bébé (baby-sitter, grands-parents, partenaire) qu'il ne faut jamais le secouer et expliquez-leur quoi faire s'il pleure.
Identifiez à l'avance les personnes ressources que vous pouvez appeler pour souffler.
Reposez-vous dès que possible et acceptez l'aide proposée.
Un accompagnement par un professionnel (médecin, sage-femme, ONE, psychologue) permet d'exprimer ses tensions, de comprendre ce qui se joue et de trouver des solutions concrètes pour les moments difficiles. L'épuisement ou une tristesse persistante après la naissance peuvent aussi signaler une dépression post-partum, qui se soigne.
En bref : ne secouez jamais un bébé, même brièvement. Quand les pleurs deviennent insupportables, posez-le sur le dos dans son lit, éloignez-vous quelques minutes et appelez quelqu'un. Si vous pensez qu'un bébé a été secoué, appelez immédiatement le 112.
Questions fréquentes
Peut-on secouer un bébé « sans le vouloir » en jouant ?
Le syndrome du bébé secoué résulte de secousses violentes, pas des jeux doux du quotidien. Évitez néanmoins les gestes brusques et soutenez toujours la tête d'un nourrisson.
Est-ce grave de laisser pleurer bébé quelques minutes ?
Non, s'il est couché en sécurité sur le dos dans son lit. Mieux vaut le laisser pleurer quelques minutes que de risquer un geste violent.
Cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.