Comment choisir son psy ? Les grands courants de psychothérapie
Publié le par Rédaction PsychoBienEtre
Pour choisir son psy, on regarde trois choses : sa formation et son titre, l’approche qu’il pratique et adaptée à votre difficulté, et surtout la qualité du lien ressenti dès les premières séances. Les grands courants (TCC, psychodynamique, systémique, humaniste) répondent à des besoins différents.
Choisir son psy peut sembler intimidant tant les titres et les méthodes sont nombreux. En pratique, trois critères comptent : la formation reconnue du professionnel, une approche adaptée à votre difficulté et, surtout, le sentiment de confiance et de sécurité que vous ressentez avec lui. Connaître les grands courants de psychothérapie vous aide à poser les bonnes questions et à faire un choix éclairé.
Psychologue, psychiatre, psychothérapeute : qui fait quoi ?
Avant de parler des méthodes, il est utile de distinguer les professionnels :
Le psychiatre est un médecin spécialisé en santé mentale. Il pose des diagnostics, peut prescrire des médicaments et pratique souvent aussi la psychothérapie.
Le psychologue a suivi un cursus universitaire en psychologie. Il ne prescrit pas de médicaments, mais réalise des bilans, des évaluations et des accompagnements psychologiques.
Le psychothérapeute pratique la psychothérapie après une formation spécifique. Selon les pays, ce titre est plus ou moins encadré.
Le psychopraticien et d’autres appellations désignent des praticiens formés à une ou plusieurs méthodes, dont le titre n’est généralement pas protégé.
En Belgique, le titre de psychologue est protégé et les psychologues doivent être inscrits auprès de la Commission des Psychologues ; l’exercice de la psychologie clinique et de la psychothérapie est encadré par la loi. En France, les titres de psychologue et de psychothérapeute sont également protégés. En Suisse, la psychothérapie est réglementée au niveau fédéral. Notre article Psychologue, psychiatre, psychothérapeute : quelles différences ? détaille ces distinctions.
Quels sont les grands courants de psychothérapie ?
Il existe de nombreuses méthodes, mais la plupart se rattachent à quelques grandes familles.
Les thérapies cognitives et comportementales (TCC)
Elles s’intéressent à la façon dont nos pensées, nos émotions et nos comportements s’entretiennent mutuellement. Le travail est structuré, centré sur des objectifs concrets, avec des exercices à faire entre les séances. Les TCC ont fait l’objet de très nombreuses études et sont recommandées pour plusieurs troubles, notamment les troubles anxieux, la dépression, les phobies, les troubles obsessionnels compulsifs et l’insomnie. Pour en savoir plus, lisez notre article sur les thérapies comportementales et cognitives.
Les thérapies psychodynamiques et la psychanalyse
Issues de la psychanalyse, elles partent de l’idée qu’une partie de nos difficultés trouve son origine dans des conflits ou des expériences dont nous n’avons pas pleinement conscience. On y explore l’histoire personnelle, les relations, les rêves, les répétitions. La psychanalyse classique est souvent longue ; les thérapies psychodynamiques sont généralement plus courtes et plus centrées sur un problème.
Les thérapies systémiques et familiales
Elles considèrent la personne au sein de ses relations (famille, couple) et cherchent à faire évoluer les interactions plutôt qu’à « réparer » un individu. Elles sont souvent proposées pour les difficultés familiales, les problèmes de couple ou certaines difficultés d’enfants et d’adolescents.
Les thérapies humanistes
Ce courant regroupe notamment l’approche centrée sur la personne, la Gestalt-thérapie et l’analyse transactionnelle. Il met l’accent sur l’expérience vécue, les émotions, la responsabilité et le potentiel de croissance de chacun. La relation thérapeutique, chaleureuse et authentique, y occupe une place centrale.
Les approches psychocorporelles et les méthodes spécifiques
Certaines méthodes associent le corps et l’esprit (relaxation, sophrologie, approches psychocorporelles) ou ciblent une problématique précise. L’EMDR, par exemple, est recommandée pour le trouble de stress post-traumatique. L’hypnose est utilisée par certains professionnels de santé en complément d’autres soins. Les approches basées sur la pleine conscience sont intégrées dans plusieurs programmes thérapeutiques.
| Courant | Idée centrale | Style des séances | Souvent proposé pour |
|---|---|---|---|
| TCC | Changer les pensées et comportements qui entretiennent le problème | Structuré, exercices, objectifs précis | Anxiété, phobies, dépression, TOC, insomnie |
| Psychodynamique | Comprendre l’origine inconsciente des difficultés | Parole libre, exploration de l’histoire | Mal-être diffus, répétitions, désir de se comprendre |
| Systémique | Faire évoluer les relations et les interactions | Séances en famille ou en couple | Conflits familiaux, couple, difficultés d’enfants |
| Humaniste | Favoriser la conscience de soi et la croissance | Relation chaleureuse, ici et maintenant | Développement personnel, émotions, relations |
Une méthode est-elle meilleure que les autres ?
Pour certains troubles précis, des approches ont été mieux étudiées et sont davantage recommandées par les autorités de santé : c’est le cas des TCC pour plusieurs troubles anxieux ou de l’EMDR et des TCC centrées sur le trauma pour le stress post-traumatique.
Mais de nombreux travaux en psychothérapie montrent aussi qu’un facteur pèse lourd, quelle que soit la méthode : la qualité de l’alliance thérapeutique, c’est-à-dire la relation de confiance et de collaboration entre vous et votre thérapeute. Un professionnel compétent avec qui vous vous sentez en confiance sera souvent plus aidant qu’une « méthode idéale » pratiquée par quelqu’un avec qui le courant ne passe pas.
En bref : choisissez un professionnel dont la formation est reconnue, dont l’approche correspond à votre difficulté et à votre façon de fonctionner, et avec qui vous vous sentez en sécurité. Si après quelques séances le lien ne se fait pas, il est légitime de changer.
Comment choisir concrètement ?
Clarifiez votre demande. Que voulez-vous changer ? Un symptôme précis (crises d’angoisse, phobie, insomnie) ou une meilleure compréhension de vous-même ? Un travail court et ciblé ou un accompagnement plus long ?
Demandez conseil. Votre médecin traitant connaît souvent des professionnels de confiance près de chez vous.
Vérifiez la formation. N’hésitez pas à demander au praticien son titre, sa formation, s’il est inscrit auprès de l’organisme compétent et s’il bénéficie d’une supervision.
Interrogez-le sur sa méthode. Comment travaille-t-il ? Combien de temps dure en général un suivi ? À quelle fréquence ?
Renseignez-vous sur les tarifs et le remboursement. Notre article sur les remboursements en psychologie et psychiatrie donne des repères.
Tenez compte des aspects pratiques. Distance, horaires, consultation en ligne possible, langue.
Écoutez votre ressenti après les premières séances. Vous sentez-vous écouté, respecté, compris ? Pouvez-vous poser des questions librement ?
Les questions à poser lors du premier contact
« Quelle est votre formation et dans quelle approche travaillez-vous ? »
« Avez-vous l’habitude d’accompagner des personnes qui vivent ce que je vis ? »
« Comment se déroule un suivi avec vous, et combien de temps dure-t-il en général ? »
« Quel est le tarif d’une séance et existe-t-il un remboursement possible ? »
Quels signaux doivent vous faire fuir ?
Un bon professionnel respecte votre liberté et votre rythme. Méfiez-vous si un praticien :
vous promet une guérison rapide ou garantie ;
vous demande d’arrêter un traitement médical ;
vous incite à couper les liens avec vos proches ;
exige de nombreuses séances payées à l’avance ou des tarifs excessifs ;
a des gestes ou des propos déplacés, ou mélange relation thérapeutique et relation personnelle ;
refuse de répondre à vos questions sur sa formation.
Dans ces situations, il est légitime d’arrêter le suivi et, si nécessaire, de signaler le comportement à l’organisme professionnel compétent.
Quand consulter ?
Vous pouvez consulter dès que vous en ressentez le besoin, sans attendre d’aller « très mal » : une souffrance qui dure, des émotions difficiles à gérer, un événement de vie qui vous bouleverse, des relations qui vous pèsent. Si vous avez des symptômes physiques (fatigue, douleurs, troubles du sommeil, perte de poids), commencez par votre médecin traitant, qui pourra aussi vous orienter.
Pour vous préparer, lisez comment se déroule le premier rendez-vous chez un psychologue, puis consultez notre annuaire pour trouver un psychologue près de chez vous.
Si vous traversez une crise ou avez des idées suicidaires, n’attendez pas un rendez-vous : en Belgique, appelez le Centre de Prévention du Suicide au 0800 32 123 ; en France, le 3114 ; en cas d’urgence, le 112.
Questions fréquentes
Combien de séances faut-il prévoir ?
Cela dépend de la difficulté et de l’approche. Certaines thérapies ciblées se déroulent sur quelques mois, d’autres s’inscrivent dans un temps plus long. Le professionnel peut vous donner une estimation après les premières rencontres.
Peut-on changer de psy en cours de route ?
Oui, c’est votre droit. Si possible, parlez-en d’abord avec votre thérapeute : exprimer ce qui ne vous convient pas peut parfois relancer le travail. Sinon, il peut vous orienter vers un confrère.
Une consultation en ligne est-elle aussi efficace ?
Pour de nombreuses personnes et difficultés, la consultation à distance donne de bons résultats et facilite l’accès aux soins. Elle convient moins à certaines situations de crise ou lorsque le lien en personne est important pour vous.
Cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.