La violence conjugale
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J’ai voulu écrire un article sur la violence conjugale car en consultations je rencontre régulièrement des femmes subissant ou ayant subit à un moment de leur vie des violences conjugales. Toutes ont eu ou ont toujours d’extrêmes difficultés à envisager une séparation. Je voulais consacrer cette art…

J’ai voulu écrire un article sur la violence conjugale car en consultations je rencontre régulièrement des femmes subissant ou ayant subit à un moment de leur vie des violences conjugales. Toutes ont eu ou ont toujours d’extrêmes difficultés à envisager une séparation. Je voulais consacrer cette article à la compréhension de ce comportement.
Selon une étude, une femme sur dix ont été victime de «violence conjugale». Pourtant même victime de violence, un nombre important de femmes n’ose pas partir du foyer. Pourquoi ces femmes ont-elles tant de mal à fuir leur compagnon violent?
Il est difficile pour elle de se détacher d’une histoire d’amour qui avait si bien commencé et qui a connu une période de tendresse et de complicité. Souvent les femmes battues se jugent responsables de ce qui adviendra à la cellule familiale. Du coup, elles éprouvent beaucoup de crainte à rompre les liens et à s’enfuir. Elles ont également peur de la vengeance, peur des représailles, peur qu’on leurs retire les enfants et aussi peur des conséquences financières qui pèseront sur elles lorsqu’elles seront seules.
Ces femmes sont en fait victime de manipulateurs. Ils sont souvent immatures, à tendance paranoïaque et intolérants à la frustration. La violence représente pour eux un véritable moyen d’expression. Ils ne savent pas régler leurs conflits autrement. Ce qui est souvent trompeur, c’est qu’entre chaque crise, l’homme violent sait se montrer agréable et la victime reprend espoir. Elles tombent souvent dans le piège du manipulateur et sont alors persuadées que son conjoint changera. Lorsqu’il y a rechute et donc violence, la femme parle à nouveau de séparation et c’est à cet instant que le manipulateur multiplie les chantages affectifs (menace de suicide, menace de représailles,…). Le résultat ne se fait pas attendre car la victime n’ose plus faire le pas vers la séparation et n’envisage plus parler de séparation.
La décision de partir est d’autant plus compliquée que l’entourage ne s’aperçoit pas toujours des maltraitances subies. L’agresseur a un double visage. A l’extérieur, il se montre agréable ce qui trompe l’entourage sur sa vraie personnalité. Mais à l’intérieur du couple, il est tout autre. Il joue constamment sur la peur. Il a beaucoup d’emprise sur sa victime ce qui la paralyse et l’empêche de se défendre. La victime accepte de plus en plus de violence qu’elle soit morale ou physique. Au début de l’histoire, rien ne semble présager d’une quelconque violence. Ensuite, des remarques insidieuses se font de plus en plus présentes. S’en suit une période de violence morale avec des injures, humiliations, reproches culpabilisants… Cette violence est insidieuse et permet à l’agresseur de casser toute confiance ne l’autre et donc d’avoir une emprise totale sur l’autre. Pour ce qui est de la violence physique, elle peut également arriver après toute ces phases. Cependant elle peut aussi coexister lors des phases précédentes mais en tous les cas, elle ne va qu’en s’amplifiant.
Le déclic vers la décision d’une séparation survient généralement après un épisode d’une violence rare. Bien souvent, seules ces situations extrêmes ouvrent les yeux. Elles peuvent agir comme une décharge émotionnelle débouchant sur une rupture définitive avec le conjoint et sur un désir de prise ne charge psychologique.
Cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.