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Apnée du sommeil : signes, risques et quand consulter

Publié le par Rédaction PsychoBienEtre

L’apnée du sommeil provoque des pauses respiratoires répétées pendant la nuit. Ronflements forts, pauses constatées par le partenaire et somnolence en journée doivent amener à consulter son médecin, car ce trouble fréquent se diagnostique et se traite.

Vous ronflez fort, votre partenaire remarque que vous arrêtez de respirer la nuit et vous vous réveillez épuisé malgré une nuit complète ? Ces signes évoquent une apnée du sommeil, un trouble fréquent où la respiration s’interrompt de façon répétée pendant le sommeil ; non traitée, elle augmente notamment le risque d’accidents liés à la somnolence et de problèmes cardiovasculaires, mais elle se diagnostique et se traite bien. Parlez-en à votre médecin traitant si vous vous reconnaissez.

Qu’est-ce que l’apnée du sommeil ?

Une apnée est un arrêt de la respiration d’au moins dix secondes pendant le sommeil. On parle aussi d’hypopnée quand la respiration diminue fortement sans s’arrêter complètement. Lorsque ces épisodes se répètent de nombreuses fois par heure, on parle de syndrome d’apnées du sommeil.

La forme la plus courante est l’apnée obstructive : pendant le sommeil, les muscles de la gorge se relâchent et les voies respiratoires se ferment partiellement ou totalement. L’air ne passe plus, le taux d’oxygène dans le sang baisse, et le cerveau provoque un micro-réveil pour relancer la respiration. Ces micro-réveils, souvent inconscients, fragmentent le sommeil toute la nuit. Il existe aussi une forme plus rare, dite centrale, où c’est la commande respiratoire du cerveau qui fait défaut.

Quels sont les signes qui doivent alerter ?

Beaucoup de personnes ignorent qu’elles font des apnées, car elles ne s’en rendent pas compte en dormant. Les signes se répartissent entre la nuit et la journée :

La nuitLe jour
Ronflements forts et irréguliersFatigue au réveil, sensation de sommeil non réparateur
Pauses respiratoires remarquées par l’entourage, suivies d’une reprise bruyanteSomnolence en journée, endormissements devant la télévision, en réunion ou au volant
Réveils avec sensation d’étouffementMaux de tête le matin
Sommeil agité, sueurs nocturnesDifficultés de concentration, troubles de la mémoire
Envies d’uriner fréquentes la nuitIrritabilité, baisse du moral, baisse de la libido
Bouche sèche au réveilBesoin de café pour tenir la journée

Tous les ronfleurs ne font pas d’apnées, mais un ronflement fort associé à de la fatigue en journée mérite d’être signalé. Pour en savoir plus sur le ronflement, lisez Comment arrêter de ronfler : causes, astuces et quand consulter.

En bref : ronflements forts, pauses respiratoires et somnolence en journée forment le trio d’alerte de l’apnée du sommeil. Ce trouble fréquent est souvent méconnu. Un examen du sommeil permet de le confirmer, et des traitements efficaces existent.

Qui est le plus concerné ?

L’apnée du sommeil peut toucher tout le monde, y compris des personnes minces et des enfants. Certains facteurs augmentent toutefois le risque :

  • le surpoids, en particulier autour du cou et du ventre ;

  • l’avancée en âge ;

  • le sexe masculin ; chez les femmes, le risque augmente après la ménopause ;

  • la consommation d’alcool le soir, de somnifères ou de certains médicaments sédatifs ;

  • le tabac ;

  • une morphologie particulière : mâchoire en retrait, grosses amygdales, nez souvent bouché ;

  • des antécédents familiaux ;

  • certaines maladies, comme l’hypertension artérielle ou le diabète de type 2, souvent associées.

Chez l’enfant, de grosses amygdales ou des végétations sont une cause fréquente. Les signes peuvent être différents : ronflements, sommeil agité, transpiration, mais aussi agitation, troubles de l’attention ou difficultés scolaires en journée. Parlez-en au pédiatre.

Quels sont les risques si l’on ne traite pas ?

L’apnée du sommeil n’est pas qu’une question de confort. Les chutes d’oxygène répétées et le sommeil fragmenté sollicitent fortement l’organisme. Lorsqu’elle est importante et non traitée, elle est associée à :

  • un risque accru d’accidents de la route et du travail, à cause de la somnolence ;

  • une hypertension artérielle plus fréquente et plus difficile à contrôler ;

  • un risque augmenté de maladies cardiovasculaires (troubles du rythme cardiaque, accident vasculaire cérébral, infarctus) ;

  • des troubles du métabolisme, comme le diabète de type 2 ;

  • des répercussions sur l’humeur, la mémoire et la qualité de vie, et sur le sommeil du partenaire.

Un sommeil de qualité est essentiel à la santé : notre article Pourquoi le sommeil est-il si important pour la santé ? explique pourquoi.

Comment se fait le diagnostic ?

  1. Consultation chez le médecin traitant : il vous interroge sur vos symptômes (la présence de votre partenaire est utile), vous examine et peut vous faire remplir un questionnaire sur votre somnolence.

  2. Orientation vers un spécialiste du sommeil : pneumologue, neurologue, ORL ou centre du sommeil selon les cas.

  3. Enregistrement du sommeil : soit une polygraphie, souvent réalisée à domicile avec quelques capteurs (respiration, oxygène, ronflement, position) ; soit une polysomnographie, plus complète, généralement réalisée lors d’une nuit dans un laboratoire du sommeil.

  4. Analyse et résultats : le nombre d’apnées et d’hypopnées par heure, ainsi que vos symptômes, permettent d’évaluer la sévérité et de choisir le traitement.

Quels traitements existent ?

Le choix dépend de la sévérité, de la cause et de votre situation. Il se décide avec le spécialiste.

  • Mesures d’hygiène de vie : perte de poids en cas de surpoids, réduction de l’alcool le soir, arrêt du tabac, activité physique régulière. Elles sont utiles dans tous les cas et peuvent parfois suffire dans les formes légères.

  • Pression positive continue (PPC) : un petit appareil envoie de l’air sous légère pression par un masque porté la nuit, ce qui maintient les voies respiratoires ouvertes. C’est le traitement de référence des formes modérées à sévères. L’adaptation demande parfois quelques semaines ; n’hésitez pas à signaler les difficultés (masque inconfortable, bouche sèche) pour qu’on ajuste le réglage.

  • Orthèse d’avancée mandibulaire : une gouttière sur mesure, portée la nuit, qui avance légèrement la mâchoire inférieure. Elle peut convenir dans certaines formes légères à modérées ou en cas d’intolérance à la PPC.

  • Traitement positionnel : quand les apnées surviennent surtout sur le dos, des dispositifs aident à dormir sur le côté.

  • Chirurgie : réservée à des situations précises (amygdales très volumineuses, anomalie anatomique), notamment chez l’enfant.

Ne prenez pas de somnifère pour mieux dormir sans en parler à votre médecin : certains peuvent aggraver les apnées. Et ne modifiez pas vous-même un traitement en cours.

Petit test d’observation

Pendant une semaine, notez chaque jour : votre heure de coucher et de lever, votre état au réveil (reposé ou non), et les situations où vous avez lutté contre le sommeil en journée. Demandez à votre partenaire de noter s’il entend des ronflements forts ou des pauses respiratoires. Apportez ces notes à votre médecin : elles l’aideront beaucoup.

Quand consulter ?

Consultez votre médecin traitant si vous ronflez fort et que votre entourage observe des pauses respiratoires, si vous vous réveillez fatigué malgré des nuits suffisamment longues, ou si vous somnolez dans la journée. Si vous vous endormez au volant ou luttez contre le sommeil en conduisant, évitez de conduire et consultez rapidement : votre médecin vous dira si et quand vous pouvez reprendre le volant. Pour des conseils pour mieux partager la chambre en attendant, lisez Comment bien dormir ensemble lorsque l’on est en couple ?

Questions fréquentes

Peut-on avoir une apnée du sommeil sans ronfler ?

C’est moins fréquent, mais possible, notamment chez certaines femmes ou dans la forme centrale. Une fatigue inexpliquée, une somnolence en journée ou des réveils avec sensation d’étouffement doivent faire consulter, même sans ronflement.

La pression positive continue est-elle à vie ?

Le traitement est en général prolongé, car il agit tant qu’on l’utilise. Une perte de poids importante ou la correction d’une cause anatomique peut parfois réduire ou supprimer le besoin d’appareil, ce qui se vérifie par un nouvel enregistrement du sommeil.

L’apnée du sommeil est-elle remboursée ?

Le diagnostic et les traitements, en particulier la PPC, peuvent faire l’objet d’une prise en charge par l’assurance maladie sous certaines conditions, en Belgique comme en France et en Suisse. Les règles varient : renseignez-vous auprès de votre mutuelle ou de votre caisse d’assurance maladie.

Cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.

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