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Gestalt-thérapie : principe, déroulement d’une séance et pour qui

Publié le par Rédaction PsychoBienEtre

La Gestalt-thérapie est une psychothérapie humaniste qui aide à prendre conscience de ce que l’on ressent et de sa façon d’entrer en relation, ici et maintenant. Elle convient aux difficultés émotionnelles et relationnelles ; ses preuves restent moins nombreuses que pour les TCC.

La Gestalt-thérapie est une psychothérapie dite humaniste, née au milieu du XXe siècle. Elle aide à prendre conscience de ce que vous ressentez et de la manière dont vous entrez en relation avec les autres, ici et maintenant, pour retrouver plus de liberté dans vos choix. Elle s’adresse surtout aux personnes qui vivent des difficultés émotionnelles ou relationnelles et qui souhaitent mieux se comprendre.

Que signifie « Gestalt » ?

« Gestalt » est un mot allemand que l’on peut traduire par « forme » ou « configuration ». Il renvoie à l’idée que nous percevons les choses comme des ensembles qui ont un sens, et non comme une juxtaposition de détails. Une mélodie, par exemple, est plus qu’une suite de notes.

La Gestalt-thérapie a été développée aux États-Unis dans les années 1940 et 1950, principalement par Fritz Perls, Laura Perls et Paul Goodman. Elle s’inspire de plusieurs sources : la psychanalyse, dont Fritz Perls était issu, la psychologie de la forme, la phénoménologie, l’existentialisme et certaines pensées orientales.

Quels sont ses grands principes ?

  • L’ici et maintenant : plutôt que de chercher longuement les causes dans le passé, on s’intéresse à la façon dont la difficulté se manifeste aujourd’hui, y compris pendant la séance. Le passé n’est pas ignoré, mais il est abordé tel qu’il se rejoue dans le présent.

  • La prise de conscience (souvent appelée awareness) : remarquer ce que l’on ressent dans son corps, ses émotions, ses pensées, ses gestes. Beaucoup de nos réactions sont automatiques ; les rendre conscientes permet de choisir.

  • Le « comment » plutôt que le « pourquoi » : au lieu de demander « pourquoi êtes-vous anxieux ? », le thérapeute peut demander « comment vivez-vous cette anxiété, là, maintenant ? ».

  • Le contact : la manière dont nous entrons en relation avec les autres et avec notre environnement est au cœur du travail. On observe ce qui facilite ou bloque ce contact.

  • La responsabilité : non au sens de la faute, mais de la capacité à reconnaître ses choix et ses besoins.

  • Les « situations inachevées » : des émotions ou des besoins restés en suspens (un deuil, une colère jamais dite) peuvent continuer à peser. La thérapie aide à les « boucler ».

En bref : la Gestalt-thérapie s’intéresse à ce que vous vivez ici et maintenant, dans votre corps, vos émotions et vos relations. En prenant conscience de vos façons de réagir, vous retrouvez la possibilité de faire d’autres choix.

Comment se déroule une séance ?

La séance individuelle dure en général autour d’une heure, souvent à un rythme hebdomadaire ou tous les quinze jours. Il existe aussi des séances de couple et des groupes de Gestalt, très présents dans ce courant.

Le patient, que l’on appelle souvent « client », parle de ce qui le préoccupe. Le thérapeute écoute, mais il est aussi attentif à ce qui se passe au moment présent : un changement de voix, une respiration retenue, un geste qui se répète, une émotion qui affleure. Il peut le souligner avec délicatesse : « Je remarque que vous serrez les poings quand vous parlez de votre frère. Qu’est-ce qui se passe pour vous ? »

Le thérapeute gestaltiste n’est pas un expert neutre et distant : il s’implique dans la relation, partage parfois ce qu’il ressent, et cette relation devient elle-même un lieu d’expérience.

Les expérimentations

Une particularité de la Gestalt est de proposer des « expérimentations » pendant la séance, toujours avec votre accord :

  • La chaise vide : imaginer qu’une personne (un parent, un ex-partenaire, une personne décédée) est assise en face de vous et lui dire ce que vous n’avez jamais pu exprimer.

  • Le dialogue entre deux parties de soi : par exemple, la partie qui veut changer de travail et celle qui a peur.

  • L’amplification : exagérer un geste ou une posture pour mieux sentir ce qu’il exprime.

  • La mise en mots des sensations : décrire précisément ce que l’on ressent dans le corps.

Ces exercices peuvent sembler déroutants au début, mais ils permettent souvent de vivre et de comprendre une émotion de l’intérieur, au lieu d’en parler de loin. Vous restez toujours libre de refuser.

Pour qui la Gestalt-thérapie est-elle indiquée ?

Elle peut convenir aux personnes qui :

  • se sentent coupées de leurs émotions ou au contraire débordées par elles ;

  • répètent les mêmes difficultés dans leurs relations ;

  • traversent une période de changement : séparation, deuil, transition professionnelle ;

  • manquent de confiance en elles ou ont du mal à s’affirmer ;

  • vivent un mal-être diffus, sans trouble précis ;

  • souhaitent un travail de développement personnel approfondi.

Elle est aussi utilisée en thérapie de couple et en groupe, où l’on peut observer directement ses façons d’être en relation.

Quelles sont ses limites ?

Il est important de garder un regard honnête sur cette approche :

  • Les preuves scientifiques sont moins nombreuses que pour d’autres psychothérapies comme les thérapies cognitives et comportementales. Quelques études suggèrent des effets positifs, notamment sur le bien-être et certaines difficultés émotionnelles, mais la recherche reste limitée.

  • Elle n’est pas la première approche recommandée pour certains troubles bien définis, comme le trouble de stress post-traumatique, les troubles obsessionnels compulsifs ou les phobies, pour lesquels d’autres thérapies ont fait leurs preuves.

  • Elle ne remplace pas un suivi médical en cas de dépression sévère, de trouble bipolaire, de trouble psychotique ou d’addiction importante. Elle peut parfois les accompagner, en lien avec le médecin ou le psychiatre.

  • Le titre n’est pas toujours protégé : la qualité de la formation varie d’un praticien à l’autre.

  • L’intensité émotionnelle de certaines expérimentations demande un cadre sécurisant et un thérapeute bien formé, surtout chez les personnes ayant vécu des traumatismes.

Gestalt-thérapieThérapie cognitive et comportementale
Centrée sur l’expérience vécue et la relationCentrée sur les pensées et les comportements
Peu de protocole, travail à partir de ce qui émergeProgramme structuré avec objectifs précis
Expérimentations en séanceExercices entre les séances
Durée souvent ouverteDurée souvent définie à l’avance
Preuves scientifiques encore limitéesNombreuses études, recommandée pour plusieurs troubles

Pour comparer, notre article sur les thérapies comportementales et cognitives présente cette autre approche.

Comment bien choisir son gestalt-thérapeute ?

Quelques repères vous aideront à faire un choix sûr :

  1. Interrogez sa formation : où s’est-il formé, pendant combien d’années, est-il membre d’une association professionnelle ?

  2. Demandez s’il est supervisé : la supervision régulière est une garantie de sérieux.

  3. Vérifiez sa formation de base : certains gestalt-thérapeutes sont aussi psychologues ou médecins, ce qui peut être important si vous avez un trouble à prendre en charge.

  4. Fiez-vous à votre ressenti : vous devez vous sentir respecté, en sécurité, libre de refuser une proposition.

Méfiez-vous de tout praticien qui promet une guérison, vous pousse à arrêter un traitement, vous isole de vos proches ou exige des sommes importantes à l’avance. Pour mieux comprendre les différents titres, consultez Psychologue, psychiatre, psychothérapeute : quelles différences ?

Quand consulter ?

Vous pouvez envisager une Gestalt-thérapie si vous ressentez un mal-être émotionnel ou relationnel qui dure, si vous traversez une transition difficile ou si vous souhaitez simplement mieux vous connaître. Si vous présentez des symptômes physiques, une fatigue intense, une tristesse profonde ou des troubles du sommeil persistants, consultez d’abord votre médecin traitant pour un bilan.

Si vos difficultés correspondent à un trouble précis (anxiété sévère, dépression, trauma), un psychologue ou un psychiatre pourra vous conseiller sur l’approche la plus adaptée. Notre annuaire vous permet de trouver un gestalt-thérapeute près de chez vous. Pour vous préparer, lisez aussi comment se déroule un premier rendez-vous.

En cas d’idées suicidaires, appelez en Belgique le Centre de Prévention du Suicide au 0800 32 123, en France le 3114, ou le 112 en cas d’urgence.

Questions fréquentes

Combien de temps dure une Gestalt-thérapie ?

La durée est très variable : quelques mois pour une difficulté ciblée, parfois plusieurs années pour un travail en profondeur. Elle se discute régulièrement avec le thérapeute.

Faut-il être à l’aise avec ses émotions pour commencer ?

Non, au contraire. Beaucoup de personnes consultent justement parce qu’elles ont du mal à identifier ou à exprimer ce qu’elles ressentent. Le thérapeute respecte votre rythme.

La Gestalt-thérapie est-elle remboursée ?

En général, pas en tant que telle. Si le gestalt-thérapeute est aussi psychologue, certaines mutualités ou assurances complémentaires peuvent intervenir. Renseignez-vous auprès de votre organisme avant de commencer.

Cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.

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