Qu'est-ce que l'hypocrisie ? Causes, effets et comment être plus authentique
Publié le par Virginie Lefranc, thérapeute et coach de vie · Mis à jour le
L'hypocrisie est un manque de sincérité envers les autres et envers soi-même : on dit ou montre autre chose que ce que l'on pense, par intérêt ou pour plaire. Elle naît souvent d'un besoin d'être aimé ou d'un manque de confiance, et s'apaise en apprenant à être honnête avec soi.
L'hypocrisie est un manque de sincérité : c'est dire, montrer ou promettre autre chose que ce que l'on pense ou ressent, pour servir ses intérêts ou pour plaire. Elle crée un décalage entre nos pensées, nos paroles et nos actes, qui finit souvent par abîmer la confiance des autres et l'estime de soi. Elle cache fréquemment un besoin d'être aimé ou un manque de confiance en soi, et peut se travailler en apprenant à être honnête d'abord avec soi-même.
Comment définir l'hypocrisie ?
Être hypocrite, c'est jouer un rôle. On agit par intérêt personnel, pour obtenir quelque chose, ou pour faire plaisir à autrui, sans tenir compte de ce que l'on ressent vraiment. L'hypocrisie peut prendre plusieurs formes :
le mensonge : dire une chose, en penser une autre et faire le contraire ;
la trahison : rompre la confiance qui nous a été accordée, par exemple en critiquant une personne absente ;
les engagements non tenus : promettre sans avoir l'intention de faire ;
l'apparence : vouloir correspondre à une image, plaire plutôt qu'oser être soi-même ;
la mauvaise foi et parfois la manipulation, pour se faire apprécier ou servir ses intérêts.
L'hypocrisie ne concerne pas que les autres : on peut aussi être hypocrite envers soi-même, en se mentant sur ses besoins, ses valeurs ou ses motivations.
Politesse ou hypocrisie : où est la limite ?
Tout le monde adapte un peu ce qu'il dit selon les situations : ne pas dire à un collègue que sa cravate est affreuse relève souvent du tact, pas de l'hypocrisie. La vie sociale suppose une part de diplomatie. La limite est franchie quand le décalage devient systématique, qu'il sert à tromper, à manipuler ou à obtenir un avantage, ou quand on trahit ses propres valeurs pour être accepté.
Pourquoi devient-on hypocrite ?
L'hypocrisie sert souvent à dissimuler sa véritable personnalité. Elle peut être le reflet :
d'un manque de confiance en soi ou d'une image de soi fragile ;
d'un fort besoin d'être aimé, apprécié ou reconnu ;
de la peur du rejet, du conflit ou de l'abandon ;
de la jalousie ou d'un sentiment de rivalité ;
d'un environnement où la sincérité a été mal accueillie ou punie.
Comprendre ce qui se cache derrière ce comportement, chez soi comme chez les autres, permet de mieux y répondre. Lisez aussi notre article sur les signes d'un manque de confiance en soi.
Quels sont les effets de l'hypocrisie ?
Sur soi
Agir sans cesse à l'encontre de ce que l'on pense crée un tiraillement intérieur. On met de côté ses opinions, ses sentiments, ses besoins, voire ses valeurs. Ce décalage entre ce que l'on pense, dit et fait peut provoquer de la fatigue, de la culpabilité et, à la longue, une perte d'estime de soi.
Sur les relations
Tôt ou tard, l'hypocrisie se retourne souvent contre celui qui la pratique, par une sorte d'« effet boomerang ». Quand l'entourage s'en aperçoit, la confiance s'effrite. Les relations deviennent superficielles ou conflictuelles, et la personne peut se retrouver rejetée ou isolée, ce qui nourrit à son tour colère, tristesse et rancœur.
Elle touche tous les domaines de la vie : personnelle, professionnelle et sociale.
Comment être plus authentique ?
Pour se prémunir de l'hypocrisie, le premier pas est d'être honnête avec soi-même. Quelques pistes :
oser dire non lorsqu'un oui irait à l'encontre de vos besoins ou de vos valeurs : voir notre article apprendre à dire non ;
cesser de critiquer les autres, en particulier les personnes absentes ;
assumer la responsabilité de vos choix, de vos décisions et de vos actes, sans la reporter sur autrui ;
choisir des relations sincères plutôt que de maintenir des liens par peur de ne plus être aimé ;
exprimer vos envies et vos besoins, avec respect, pour rester fidèle à vous-même ;
vous exprimer avec sincérité et humilité, et non pour vous faire remarquer ou par conformisme ;
être vous-même plutôt que de jouer un rôle pour plaire ou ne pas décevoir ;
être bienveillant avec vous-même : c'est en s'acceptant tel que l'on est que l'on devient plus authentique et respectueux envers les autres.
Comment réagir face à une personne hypocrite ?
Il est souvent utile de parler calmement de ce que vous avez observé, en décrivant les faits et ce que vous avez ressenti, plutôt qu'en accusant. Si la relation reste source de souffrance, il est légitime de prendre de la distance. Si vous vous sentez manipulé ou dévalorisé de façon répétée, n'hésitez pas à en parler à une personne de confiance.
Quand se faire accompagner ?
Si vous avez du mal à vous affirmer, si la peur du rejet guide la plupart de vos choix ou si vos relations vous font souffrir, un coach ou un psychologue peut vous aider à mieux vous connaître et à gagner en confiance.
En bref : l'hypocrisie est un décalage entre ce que l'on pense, dit et fait, souvent nourri par le besoin d'être aimé ou la peur du rejet. Elle abîme la confiance et l'estime de soi. Le remède commence par l'honnêteté avec soi-même : oser dire non, assumer ses choix et être soi.
Questions fréquentes
Tout le monde est-il un peu hypocrite ?
Chacun adapte parfois ses propos par tact ou par politesse. On parle d'hypocrisie quand ce décalage devient une habitude qui trompe les autres ou nous éloigne de nos valeurs.
Peut-on être hypocrite envers soi-même ?
Oui : se mentir sur ses besoins, ses envies ou ses motivations est une forme d'hypocrisie envers soi, qui peut être source de mal-être.
Comment arrêter d'être hypocrite ?
En identifiant les situations où vous jouez un rôle, en comprenant ce que vous craignez (rejet, conflit) et en vous entraînant, pas à pas, à exprimer votre avis avec respect.
Cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.