Comprimés d'iode et accident nucléaire : à quoi servent-ils ?
Publié le par Rédaction PsychoBienEtre · Mis à jour le
En cas d'accident nucléaire, l'iode stable sature la thyroïde et l'empêche de fixer l'iode radioactif. Il ne protège que la thyroïde et ne doit être pris que sur instruction des autorités : en prendre « par précaution » est inutile et peut être nocif.
Les comprimés d'iode servent à protéger la glande thyroïde contre l'iode radioactif qui peut être libéré lors d'un accident nucléaire. Ils ne protègent pas contre les autres formes de radioactivité et ne doivent être pris que lorsque les autorités le demandent : en prendre « par précaution », sans exposition réelle, est inutile et peut dérégler la thyroïde.
Pourquoi parle-t-on des comprimés d'iode ?
Chaque accident nucléaire majeur, comme celui de la centrale de Fukushima au Japon en 2011, relance les questions du public : faut-il se procurer des comprimés d'iode ? Faut-il en prendre ? Les pharmaciens voient alors arriver des personnes inquiètes, parfois très loin de la zone touchée. Comprendre le rôle exact de ces comprimés permet d'éviter les gestes inutiles, voire risqués.
Comment agissent les comprimés d'iode ?
Lors d'un accident dans une centrale nucléaire, différentes substances radioactives peuvent être rejetées dans l'air, dont de l'iode radioactif. Inhalé ou avalé, cet iode est capté par la thyroïde, une petite glande du cou qui utilise l'iode pour fabriquer ses hormones. Il peut alors l'irradier et augmenter le risque de cancer de la thyroïde, en particulier chez les enfants.
Le comprimé contient de l'iode stable, non radioactif. Pris au bon moment, il « remplit » la thyroïde, qui ne peut plus fixer l'iode radioactif ; celui-ci est alors éliminé par l'organisme, principalement dans les urines.
Quelles sont les limites de cette protection ?
Elle ne concerne que la thyroïde : l'iode stable ne protège ni contre les autres substances radioactives, ni contre l'irradiation du reste du corps.
Elle dépend du moment de la prise : l'efficacité est maximale lorsque le comprimé est pris peu avant ou au moment de l'exposition. Pris trop tôt ou trop tard, il protège beaucoup moins.
Elle ne remplace pas les autres consignes : se mettre à l'abri dans un bâtiment, fermer portes et fenêtres, écouter les médias et suivre les instructions d'évacuation éventuelles.
Pourquoi ne faut-il pas en prendre par précaution ?
L'iode est une substance active. En prendre sans raison peut perturber le fonctionnement de la thyroïde, surtout chez les personnes qui ont déjà une maladie thyroïdienne, et provoquer des réactions chez les personnes sensibles. En l'absence de rejet d'iode radioactif, le comprimé n'apporte aucun bénéfice. Il ne faut donc jamais en prendre de sa propre initiative, ni « au cas où » à la suite d'informations lues sur internet.
Qui est prioritaire ?
Les enfants, les adolescents, les jeunes adultes, ainsi que les femmes enceintes et allaitantes sont les plus sensibles aux effets de l'iode radioactif sur la thyroïde. C'est pour eux que la prise est la plus utile lorsque les autorités la recommandent. Les personnes âgées tirent moins de bénéfice de l'iode et sont plus exposées à ses effets indésirables.
Comment se procurer des comprimés d'iode ?
Les modalités de distribution sont fixées par les autorités de chaque pays et peuvent évoluer. En Belgique comme en France, des campagnes de distribution en pharmacie sont organisées, en priorité pour les personnes qui vivent à proximité des installations nucléaires et pour les publics les plus sensibles. Renseignez-vous auprès de votre pharmacien ou des sites officiels de santé publique, et conservez les comprimés dans un endroit connu de toute la famille.
Quand consulter ?
Si vous avez une maladie de la thyroïde, une allergie à l'iode ou un traitement au long cours, demandez dès maintenant à votre médecin ou à votre pharmacien ce qu'il faudrait faire en cas d'alerte. N'arrêtez et ne modifiez jamais un traitement sans avis médical. Pour des repères généraux de prévention, voyez aussi notre article sur l'alimentation et le risque de cancer.
En bref : le comprimé d'iode protège uniquement la thyroïde contre l'iode radioactif, à condition d'être pris au bon moment. Il ne se prend que sur instruction des autorités, jamais par précaution, et ne dispense pas de se mettre à l'abri.
Questions fréquentes
Le comprimé d'iode protège-t-il de toute la radioactivité ?
Non. Il protège seulement la thyroïde contre l'iode radioactif, pas contre les autres substances radioactives.
Peut-on remplacer le comprimé par du sel iodé ou des algues ?
Non. Leur teneur en iode est trop faible ou trop variable pour offrir la même protection, et les algues peuvent en contenir des quantités excessives. Seuls les comprimés distribués par les autorités sont adaptés.
Que faire en cas d'alerte nucléaire ?
Se mettre à l'abri dans un bâtiment, fermer portes et fenêtres, suivre les informations officielles et ne prendre le comprimé d'iode que si les autorités le demandent.
Cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.