Stress et cycle menstruel : pourquoi le stress dérègle les règles
Publié le par Rédaction PsychoBienEtre · Mis à jour le
Un stress important peut retarder l'ovulation et donc les règles, ou rendre le cycle irrégulier. C'est souvent passager, mais il faut d'abord écarter une grossesse et d'autres causes, et consulter si les règles sont absentes depuis trois mois ou si le cycle change durablement.
Oui, le stress peut dérégler le cycle menstruel : un stress intense ou prolongé peut retarder l'ovulation, et donc les règles, voire les faire disparaître temporairement. Ce dérèglement est le plus souvent passager et s'améliore quand le stress diminue. Mais avant de l'attribuer au stress, il faut écarter une grossesse et d'autres causes ; consultez si vos règles sont absentes depuis trois mois ou si votre cycle change durablement.
Comment le stress agit-il sur les règles ?
Le cycle menstruel est piloté par le cerveau (l'hypothalamus et l'hypophyse), qui envoie des signaux hormonaux aux ovaires. Or ces mêmes zones du cerveau gèrent aussi la réponse au stress. Quand le stress est important, l'organisme produit davantage d'hormones de stress, comme le cortisol, ce qui peut perturber les signaux qui déclenchent l'ovulation.
Résultat possible :
une ovulation retardée, et donc des règles qui arrivent plus tard ;
un cycle irrégulier, plus long ou plus court que d'habitude ;
des règles plus abondantes, plus légères ou plus douloureuses ;
parfois une absence de règles pendant plusieurs mois (aménorrhée), surtout quand le stress s'accompagne d'une perte de poids, d'un sport très intensif ou d'une alimentation insuffisante.
Le stress peut aussi accentuer les symptômes prémenstruels : irritabilité, fatigue, tensions dans les seins, maux de tête.
Qu'est-ce qu'un cycle « normal » ?
La durée du cycle se compte du premier jour des règles au premier jour des règles suivantes. Le chiffre de 28 jours n'est qu'une moyenne : un cycle de 21 à 35 jours est généralement considéré comme normal chez l'adulte, et une variation de quelques jours d'un mois à l'autre est fréquente. Les cycles sont souvent plus irréguliers dans les premières années après les premières règles et à l'approche de la ménopause.
Quelles autres causes faut-il écarter ?
Un retard ou une irrégularité des règles n'est pas toujours lié au stress. Pensez à :
une grossesse : faites un test en cas de retard, même sous contraception ;
un changement de contraception ou l'arrêt de la pilule ;
l'allaitement ;
une variation importante de poids, un sport très intensif, des troubles du comportement alimentaire ;
un syndrome des ovaires polykystiques, un trouble de la thyroïde ou d'autres déséquilibres hormonaux ;
la périménopause à partir de la quarantaine : voir notre article ménopause : symptômes et solutions ;
certains médicaments.
Comment réduire le stress pour aider son cycle ?
Identifiez les sources de stress : travail, études, famille, finances, relations. Mettre des mots dessus aide à agir sur ce qui peut l'être et à demander de l'aide.
Protégez votre sommeil : des horaires réguliers et un moment calme avant le coucher. Le manque de sommeil et le stress s'entretiennent mutuellement (voir l'effet du stress et du manque de sommeil sur le cerveau).
Bougez régulièrement, de façon modérée : marche, vélo, natation, danse. Évitez en revanche un entraînement très intensif sans apport alimentaire suffisant.
Mangez suffisamment et régulièrement : sauter des repas ou suivre un régime strict peut à lui seul perturber le cycle.
Pratiquez une technique de relaxation : respiration lente, cohérence cardiaque, relaxation musculaire, méditation de pleine conscience, yoga ou sophrologie. Quelques minutes par jour suffisent pour commencer.
Limitez les excitants (café, boissons énergisantes) et l'alcool, qui accentuent la nervosité et nuisent au sommeil.
Gardez du temps pour vous et pour vos proches : les liens sociaux protègent du stress.
Si le stress vient surtout du travail et s'accompagne d'un épuisement, lisez aussi comment éviter le burn-out.
Quand consulter ?
Consultez votre médecin, gynécologue ou sage-femme si :
vous n'avez pas eu de règles depuis trois mois (hors grossesse, allaitement ou contraception qui les supprime) ;
vos cycles sont régulièrement plus courts que 21 jours ou plus longs que 35 jours ;
vos règles sont très abondantes, très douloureuses, ou vous saignez entre les règles ;
vous avez un projet de grossesse et des cycles irréguliers ;
vous avez d'autres symptômes : pilosité inhabituelle, acné importante, variation de poids, écoulement des seins.
Si le stress devient envahissant, un psychologue ou un sophrologue peut vous aider à mieux le gérer. En cas de détresse ou d'idées noires, contactez en Belgique le Centre de Prévention du Suicide au 0800 32 123, en France le 3114, ou le 112 en cas d'urgence.
En bref : un stress important peut retarder l'ovulation et dérégler les règles, le plus souvent de façon passagère. Écartez d'abord une grossesse et les autres causes, prenez soin de votre sommeil, de votre alimentation et de votre équilibre, et consultez si les règles manquent depuis trois mois.
Questions fréquentes
Le stress peut-il retarder les règles d'une semaine ?
Oui, un retard de quelques jours à une ou deux semaines est possible en période de stress. En cas de rapport sexuel possible, faites un test de grossesse.
Le stress peut-il faire disparaître les règles ?
Un stress intense, surtout associé à une perte de poids ou à un sport très intensif, peut entraîner une absence de règles pendant plusieurs mois. Cette situation doit être évaluée par un médecin.
Le cycle revient-il à la normale ?
Le plus souvent oui, quand le stress diminue. Si l'irrégularité persiste, il faut chercher une autre cause.
Cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.